Avis aux aimables lecteurs et lectrices
au sujet des nouveaux « Colloques des Invalides »
Comme ne sont pas sans l’ignorer nombre d’entre les lecteurs et lectrices de la revue, celle-ci a été fondée dans la foulée de la création des colloques des Invalides en 1997 par Jean-Jacques Lefrère et Michel Pierssens. Des exemplaires de leurs actes sont encore disponibles auprès de leur éditeur, Du Lérot (qu’on se le dise, et qu’on lui passe commande… il n’en restera bientôt plus).
Ces événements, atypiques dans leur forme, ont été rapidement courus par le gratin des afficionados de l’histoire de la littérature et se sont tenus jusqu’en 2016. Ils ont repris depuis février 2026, accueillis, désormais, non plus par le Centre culturel canadien, mais par la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, avec un colloque dont les résultats ont été réunis dans la présente livraison d’Histoires littéraires, sous la forme d’une de ces anthologies documentaires que nous publions depuis quelques années, à raison d’une anthologie par an.
Afin que tous et toutes vous puissiez inscrire la date du prochain colloque, en lettres d’or, dans vos agendas, et que vos petits-enfants ne puissent pas dire que vous avez été de celles et ceux qui ont manqué cette édition qui promet d’être mémorable, en voici la présentation succincte (ainsi que celle du sujet de la prochaine anthologie d‘Histoires littéraires).
Littérature au tombeau
XIXe – XXIe siècles
Lieu : Délégation générale Wallonie-Bruxelles
274 boulevard Saint-Germain
Paris, VIIe arrondissement
Date : 5 février 2027
Organisation : Marion Brun, Luca Di Gregorio & David Martens
Un bon écrivain est un écrivain mort, entend-on dire parfois sur le mode de la boutade. Dans certains cas, il s’agit de souligner qu’une œuvre n’est véritablement achevée qu’une fois son auteur disparu, et son corpus en quelque sorte fixé pour l’éternité. On sait qu’il n’en est que rarement ainsi (on trouve tout de même toujours des inédits…), mais l’idée persiste malgré tout. D’un autre côté, même mort, l’écrivain ne voit pas son corps disparaître tout à fait de l’espace social. Sa tombe, par exemple, demeure après lui, dernière borne matérielle de son enveloppe physique. Elle catalyse, dans la pierre et à sa surface, un peu de l’image posthume de l’écrivain, et peut même devenir le support d’un culte laïque ou de projections diverses, etc. Modestes ou singulières, ne serait-ce que parce qu’elles sont situées dans l’espace, les sépultures d’écrivains portent témoignage, chacune à leur façon. Ce sont ces documents littéraires « en dur » que se propose d’examiner le prochain Colloque des Invalides.
L’épitaphe constitue un premier lieu d’importance, évidemment, mais cette ultime écriture testamentaire, message autographe chargé d’ironie, de poésie ou à caractère péremptoire, n’a pas le monopole parmi nos documents funéraires. Les intervenants pourront aussi s’intéresser à une galaxie étendue d’écrits. L’événement commémoratif, par exemple, peut produire « ses » textes propres sur le tombeau, de même que les pèlerinages ou les écrits touristiques près du lieu de repos d’écrivains célèbres. Le monument lui-même, sa tenue, sa situation, son (ou ses) matériau(x), au-delà des marques graphiques, peut offrir un terrain de réflexion d’intérêt historique ou sociologique. Voulue ou non par le défunt, la « pétrification » de la tombe, son immobilisation en un lieu spécifique, emporte d’inévitables effets, contemporains ou postérieurs, sur l’image et à la mémoire de l’écrivain (panthéonisations comme sacres populaires, refuge breton tempétueux de Chateaubriand, repos des amants Aragon et Eisa à Saint-Arnoult, etc.). La localisation de la sépulture peut enfin générer des rivalités de territoires, entrer en concurrence avec d’autres lieux de la mémoire littéraire (faut-il se souvenir d’Hugo au Panthéon ou à la place des Vosges, et avec quels effets ?).
Le Colloque des Invalides 2027 interrogera ces aspects (et d’autres encore) liés à ces éminents « lieux de mémoire » : les tombeaux des écrivains. Les communications aborderont tout document d’intérêt littéraire ayant trait à la tombe d’un écrivain : photographie du sépulcre, reportage d’actualités cinématographiques, documents testamentaires, archives témoignant de l’histoire de l’édifice, articles de presse mortuaire, brochures ou documents touristiques…
Pour rappel, le principe de ces colloques, d’un genre un peu particulier au regard des normes habituelles, impose un format exceptionnellement court chaque communication dure en effet 5 minutes (si, si…), pas une de plus… L’ensemble donnera lieu à la publication, dans le numéro 110 de la revue, à l’été 2027, d’une anthologie documentaire de 25 contributions d’une page (sans notes !…), placées en vis-à-vis de la reproduction du ou des documents présentés, selon la coutume adoptée par la revue depuis quelques années.
P.S. : Afin de vous donner un avant-goût de cette rencontre, vous pouvez découvrir les vidéos du colloque de 2026 sur la chaîne Youtube créée pour l’occasion – www.youtube.com/@ColloquedesInvalides
