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Un ensemble résolument placé sous le signe du complément d’enquête. Ainsi cette 87ème livraison d’Histoires littéraires nous réserve-t-elle son lot d’accompagnements de parutions, et aussi d’inédits (ou à défaut, de textes et circonstances rares et relativement méconnus), pour la plus grande joie des lecteurs d’une revue comme la nôtre. Michel Brix ouvre l’exploration en nous présentant par le menu deux lettres de Nerval conservées dans la collection Livingston de Bowdoin College (Maine, USA… la richesse des collections nord- américaines laisse souvent pantois…). Ces missives ne sont certes pas inédites, mais l’accès à l’autographe a permis à leur éditeur de corriger telle ou telle erreur commise par ses prédécesseurs, qui n’avaient pas vu le manuscrit. C’est une autre curiosa issue des collections états-uniennes que nous propose Julien Bogousslavsky à travers l’évocation d’un exemplaire réunissant Fêtes galantes et La Bonne chanson de Verlaine dédicacé au Dr Markheim par Jules Andrieu, communard exilé qui sera parmi les principales fréquentations de Verlaine et Rimbaud lors de leur séjour sur place. En guise d’anniversaire de l’écriture de ce collectif mythique qu’a constitué l’Album zutique, Daniel Grojnowski nous en offre une ample étude illustrée, qui apporte un complément passionnant à l’édition qu’il a réalisée de l’ovni en collaboration avec Denis Saint-Amand

Oeuvre immortelle du peintre danois Harald Slott-Moller, conservée au musée de Koldinghus (Danemark). De gauche à droite: Oscar von Sydow (représentant la Suède), Thomas Heftye (norvégien), Paul Claudel, Sir Charles Marling (Britannique, président de la commission) et C. Brudenell-Bruce (secrétaire général de la commission).

(Garnier, Flammarion, 2016). À travers des informations biographiques relatives à l’état-civil de figures croisées dans leur travail d’éditeurs, Stephen Steele & Anne-Françoise Bourreau-Steele rassemblent pour leur part un complément d’enquête issu de leurs recherches pour l’édition de poèmes de Louis de Gonzague Frick qu’ils font paraître chez Classiques Garnier. Pour les amateurs de littérature du XXe siècle, Claude Pérez attire l’attention, dans un article qui développe une partie de la récente biographie qu’il a consacrée à Paul Claudel, sur un épisode peu connu de la vie diplomatique du poète, où on le découvre en espion! Avec une certaine surprise tout de même… Jean-François Domenget apporte un éclairage nouveau sur les positions de Montherlant durant l’Occupation, à travers un ensemble d’inédits. Se basant sur une riche correspondance largement inédite, des textes intimes et des témoignages, Nathalie Gibert retrace la longue amitié non sans nuages qui a lié Jules Romains à Jean Bruller, avant même que ce dernier ne devienne Vercors. Perpétuant avec bonheur la chronique dévolue dans les pages d’Histoires littéraires à la vie éditoriale, Anthony Glinoer entame dans ce numéro ce qu’il projette comme un parcours en plusieurs étapes sur les discours d’éditeurs. Il lance cette exploration avec parcours panoramique permettant de revisiter l’abondante production d’écrits à vocation polémique (manifestes, pamphlets…) dont bien des éditeurs ont été les auteurs et qui leur permettaient d’intervenir dans les nombreux débats qui ont animé un champ éditorial particulièrement enclin aux crises et aux mouvements d’humeur qui les accompagnent. Ce n’est certes pas la chronique des ventes de Jean-Paul Goujon, toujours aussi piquante, qui fera baisser la fièvre érudite et l’attention aux raretés dont ce numéro est marqué, pas plus que l’évocation par Olivier Barrot de Carlo Rim, type même du personnage qui semble avoir connu tout le monde. Quant au rayon des expositions, qui reprennent petit à petit un rythme auquel nous étions habitués, le lecteur y rencontrera du Tchékhov dans l’objectif d’un photographe liégeois, du Kafka, grâce à l’artiste Jean-Michel Alberola, commissaire d’une exposition à l’IMEC (Institut mémoire de l’édition contemporaine, Caen), mais aussi, tout de même, une figure canonique de la littérature hexagonale en la personne du Flaubert, abondamment honoré cette année en raison du bicentenaire (encore un anniversaire…) de sa naissance, à travers la visite de l’exposition relative à Salambô qui a été présentée cet été à Rouen. Enfin, dans une rubrique inaugurée dans notre précédente livraison et qui précède celle dévolue aux comptes rendus de publications, Gilles Philippe répond à quelques questions autour de son ouvrage consacré à la question de l’évolution du style en littérature.

Sommaire Histoires littéraires n°87