L’éditorial du n°32

Écrire, accuser réception, répondre, remercier… au temps qu’y passe un individu du XXIe siècle, dûment connecté, on s’interroge sur l’épistolaire du XIXe siècle. Ces correspondances disparates et souvent tentaculaires où farfouille avec bonheur l’histoire littéraire, sont-elles les produits ordinaires d’un « travail social » ou les œuvres d’un individu ? Code et rituel, nos lettres inédites de Verlaine ? Révélatrices de quel Rimbaud, les missives reçues d’un associé?
À force de publier du courrier, on finit par en recevoir, heureusement non timbré : un lecteur relève ainsi cette fantaisie de la mémoire qui nous a fait attribuer (dans le n° 30) un vers de Fombeure (maître ès liserons) à Raymond Queneau (qui ne connut que l’écriveron). Que ceux qui se donnent pour mission de débrouiller l’écheveau du passé y ajoutent les nœuds de leurs propres erreurs, c’est sans doute ennuyeux, mais aussi révélateur. Ce n’est pas le tout de relever les erreurs, quand les puissances à l’œuvre sont l’imagination, le désir, parfois la malveillance et la jalousie : Marie-Noëlle Benhamou le montre des critiques dénaturant l’image de Maupassant. Mais nous-mêmes, comment tissons-nous, à l’envers, à l’endroit, et quels fils fragiles ?… Courage, Pénélope.
Privés de suppléments nos abonnés, cette année ! Accusons le ciel,
ou le prix du papier, mais ne décourageons pas les fidèles de se réabonner : 2008 qui sait, verra les historicolittéraires phynances s’améliorer?

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