L’éditorial du n°54

L’histoire littéraire n’est-elle pas avant tout une invitation permanente à voyager dans le Temps? Parfois très loin du temps présent, parfois plus près. Les excursions que propose ce numéro ont, de ce point de vue, de quoi satisfaire tous les goûts. Du côté de la BnF, on retrouvera Baudelaire grâce à la visite du fonds Crépet. En relisant attentivement les traces des redécouvertes successives d’Erckmann-Chatrian au XXe siècle, Noëlle Benhamou nous livre en fait une étude complète sur cet auteur bifrons au statut ambigu, ainsi que sur son œuvre, toujours présente et toujours oubliée.

Toujours présent et jamais oublié, Le Grand Meaulnes est une histoire dont certains chapitres, un siècle plus tard, demeurent à découvrir : nous faisons ici plus ample connaissance avec Jeanne Bruneau, alias Valentine, mais aussi avec Alain-Fournier lui-même, à travers l’inventaire des multiples éditions de son chef-d’œuvre.

Plus près encore, c’est tout le dernier demi-siècle qu’éclaire Marcel Bénabou en retraçant son itinéraire personnel, intimement lié à l’histoire de l’Oulipo. C’est enfin toute une partie de la vie littéraire contemporaine, de Duras à Barthes, où nous plonge le Journal de Dominique Noguez. Il n’y dissimule rien de ses angoisses ni de ses enthousiasmes : il prend ainsi avec courage le risque de s’exposer, comme les acteurs du passé dont nos experts des ventes évoquent les écrits souvent très intimes, toujours bien vivants malgré le passage du Temps.

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