L’éditorial du n°29

Il n’y a pas de cadres moyens en littérature : on en vit somptueusement ou fort mal, selon peut-être qu’on vend des manuscrits ou qu’on les rédige. Sur un marché de réputation comme celui de l’art, si l’on rate le coche de la gloire, il faut décrocher ou vivoter. Nous en donne l’illustration Ernest Chesneau, critique d’art bien oublié portant haut l’oriflamme des vierges préraphaëlites, et quicourt aux quatre coins de sa correspondance chercher les trois sous qui font vivre une famille. Ce que c’est que d’être né une année impaire (Michel Notre-dame de la Garde vous expliquera cela)… Ce que c’est, aussi, que d’en tenir pour l’idéal, de pouvoir prononcer le mot Art sans guillemets ni sourire entendu. Ce n’est pas Rossetti, son champion, qui donnerait l’exclu de ses portraits à un photographe people, comme telle auteuresse dont nous parle un artiste en images du siècle suivant, Louis Monier. N’empêche : en histoire de l’art comme littéraire et autre, il s’agit de ne pas se tromper de cheval, le temps est assassin – il aurait récemment tué la Théorie. Bientôt, nous dit Philippe Saunier, « les Ophélie et autres damoiselles plus ou moins élues peuplant l’imaginaire symboliste et décadent furent priées d’enfourcher leurs fabuleuses licornes et de regagner leurs cieux étoilés ». Nul doute que d’autres drames se préparent, en 2007, année impaire.

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Publié dans 29, Actualités, Editorial du n°29, Les éditos