L’éditorial du n°41

Le jeu est peut-être le fil rouge qui traverse ce numéro d’Histoires littéraires : pour la première – et sans doute l’unique – fois, la revue publie une grille de mots croisés. Elle n’est pas anodine, puisqu’elle est due à François Le Lionnais, fondateur de l’Oulipo, qui fait passer beaucoup de gravité dans son jeu : la grille évoque les horreurs de Buchenwald et de Dora, dont Le Lionnais parvint à réchapper. Jean-Louis Debauve nous fait explorer quelques secrets du cornet à dés du prestidigitateur Max Jacob. Dans la lignée des jeux surréalistes, voici le récit en écriture automatique pratiqué par Nelly Kaplan et Philippe Soupault, avec son lot de rebondissements. Qu’est-ce que l’Album zutique, sinon un jeu collectif et débridé pratiqué par une bande de joyeux jeunes poètes ? David Ducoffre nous fait découvrir l’une des têtes de turcs des zutistes, Louis Belmontet, prétendu signataire des Hypotyposes saturniennes
Arrêtons là, car il faudrait bien de la virtuosité pour démontrer que relèvent aussi du jeu les lettres inédites d’Eugène Fromentin ou le cent-cinquantenaire de Madame Bovary: nous ne tenterons pas la démonstration.
Pour finir, deux portraits – jeu des apparences – s’imposent dans ces pages : celui de la toute blonde Ursula Vian, qui vient de nous quitter ; celui d’un homme mélancolique et fatigué, qui s’appelait Arthur Rimbaud.

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Publié dans 41, Actualités, Editorial du n°41, Les éditos