L’éditorial du n°51

Le XXe Siècle est à l’honneur dans ce numéro. Si lointain — un siècle a passé — et pourtant si proche qu’il nous remue et nous agite encore. Tandis que le Surréalisme commence à trouver une place à peu près assagie dans l’histoire artistique et littéraire, Dada s’émancipe. Déjà Noël Arnaud demandait qu’on y regarde de plus près, dans des textes que nous a communiqués Patrick Fréchet. Dada nous interpelle toujours, comme nous surprennent les lectures qui en ont été faites, étudiées ici par Marc Dachy, auquel on doit également le cahier hors-texte de documents inédits sur Tzara. De ce mouvement émerge avec toujours plus de force la figure de ce dernier, dont l’œuvre finit par éclipser des réputations déclinantes.

Bien différent fut « Quinze grammes », le curieux poète rappelé par Gérard Goutierre, et son sort fut plus tragique, mais ne mérite-t-il pas aussi sa part de gloire posthume ? Son contemporain Céline a laissé des traces plus conséquentes dans le siècle écoulé, mais on s’étonnera de celles qui évoquent son « rêve espagnol » : que serait-il advenu de ce nouveau voyage, vers le soleil cette fois ?

C’est en tout cas au soleil de Nice que Jacques Matarasso doit sans doute de pouvoir faire encore du tennis à un âge vénérable — exercice éminemment favorable à la mémoire : on la découvrira ici, riche de toute l’aventure littéraire et artistique du XXe siècle. Un siècle où la littérature s’est comme jamais enracinée dans des lieux devenus mythiques. Éric Dussault nous montre pourtant, documents à l’appui, comment c’est la littérature, contre toute attente, qui déconstruit le mythe de Saint-Germain-des-Prés et donne accès à une réalité bien différente de ce que se plaisent à imaginer les historiens.

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