L’éditorial du n°40

Le lecteur pourra rêver sur les détours et les surprises de l’histoire littéraire en découvrant les documents de ce numéro. Le Nouveau Roman a pris un coup de vieux et, du coup, une fois ses hérauts les plus tonitruants réduits au silence éternel, les acteurs plus discrets prennent peu à peu une épaisseur et une dimension que le public, assourdi par le bruit des bateleurs, n’avait pas d’abord remarquées. Pour Nathalie Sarraute, c’est fait. Pour Robert Pinget, le processus est en cours. Le présent dossier atteste qu’il y a là une oeuvre et un auteur considérables, dont le rang qui lui est assigné dans sa génération changera encore.
Flaubert n’avait pas à se faire de souci quand à sa postérité, mais il est remarquable que les travaux, loin de s’épuiser, ne font que s’amplifier. Le Cent cinquantième anniversaire a montré que l’oeuvre, comme la vie, recèlent encore des richesses à mettre au jour. Le même Flaubert aurait apprécié de voir Maupassant lui aussi installé dans la mémoire collective. La correspondance inédite de ce dernier avec la princesse Potocka éclaire une facette inhabituelle de sa relation avec les femmes : ni séducteur ni séduit, et pourtant intéressé, très intéressé. Que se serait-il passé s’il avait rencontré Nelly Kaplan, éblouissante et capable de bouleverser tous ceux qui l’ont approchée ? On la retrouvera tout entière dans l’entretien qu’elle nous a accordé, telle elle était quand elle débarquait de Buenos Aires, à vingt ans : indomptable et sulfureuse, dans la vie comme dans ses écrits et ses films, mémoire vivante d’un milieu d’écrivains et d’artistes où son sillage est resté, toujours visible.

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Publié dans 40, Actualités, Editorial du n°40, Les éditos