L’éditorial du n°64

Charles Baudelaire par Alexandre Lafond, huile sur carton, 1860, musée des Beaux-Arts d'Alençon

Charles Baudelaire par Alexandre Lafond, huile sur carton, 1860, musée des Beaux-Arts d’Alençon

Aussi secrète et personnelle soit-elle, aucune oeuvre ne se fait sans s’imbriquer dans de nombreuses autres œuvres, grandes ou banales. Il en va de même de son auteur, et aucune solitude n’est tout à fait dépeuplée. C’est ce qui fait toujours et a toujours fait la vie littéraire, indétachable d’une stratégie, comme l’avait analysé avec humour Fernand Divoire dès 1912, bien avant les sociologues d’aujourd’hui.

Notre Dossier Baudelaire, réuni par J. Bogousslavsky et J.-P. Goujon, le prouve avec éclat. Reconstituer les réseaux du poète devient possible grâce à l’inventaire minutieux, entièrement original, des envois sur la première édition des Fleurs du Mal. Epaulé par de nouveaux et étonnants documents appartenant à la correspondance, l’effort de reconstitution de ces réseaux fait mieux comprendre où et comment se situait Baudelaire, dans le très complexe univers de littérature, d’édition, de journalisme, où il cherchait à très fermement marquer sa place.

C’est encore de vie littéraire, vécue ou étudiée, qu’il est question avec Marc Angenot, expert en fin-de-siècle dans toutes ses dimensions. De même encore avec nos chroniques, qu’il s’agisse des ventes – là où se croisent les passions littéraires d’hier et celles d’aujourd’hui – ou des publications que nous recensons, marqueurs actifs d’une vie littéraire toujours en mouvement.

Histoires Littéraires est elle-même en mouvement : le prochain numéro contiendra la seconde partie du Dossier Baudelaire, complément indispensable de celui que nous présentons ici.

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