L’éditorial du n°49

L’indignation est de saison – alors, indignons-nous, avec Martine Reid, de la place parcimonieuse hypocritement assignée aux femmes par l’histoire littéraire (ou plutôt par les historiens, de Lanson à ses actuels successeurs) ! Faut-il en revanche nous indigner rétrospectivement des escroqueries spectaculaires perpétrées au temps de Balzac par Victor Bohain et rappelées avec verve par Laurent Bihl ? Ce virtuose des subprimes éditoriales nous réjouirait plutôt, puisqu’il ne peut plus nous ruiner. Si Ange Pechméja, évoqué par Jean-Paul Goujon, l’avait connu, peut-être aurait-il réussi à publier les dizaines d’ouvrages annoncés, tous disparus…
Céline, lui, était partout en cette année de cinquantenaire dont Jean-Paul Louis fait le bilan en concluant, avec Pascal Pia, qu’il n’y a pas que l’homme, il y a aussi son art. Le XXIe siècle le regardera peut-être comme le XXe, reparcouru par Henri Scepi grâce au fonds Arribey, l’a fait pour Baudelaire. Ce siècle qui s’éloigne, peu de gens l’ont étudié avec autant d’attention passionnée qu’Henri Béhar, qui nous confie ici comment et pourquoi. Quant aux ventes, chroniquées avec son alacrité et son érudition habituelles par Jean-Paul Goujon, faut-il s’indigner des prix poussés par la spéculation sur certains noms, ou au contraire de la longue liste des invendus signés de beaucoup d’autres ? Il reste décidément à l’histoire littéraire bien des progrès à faire…

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